Tablespaces et fichiers

De l’utilité des tablespaces

Un tablespace ou espace disque logique, est une partition logique de la base contenant un ou plusieurs fichiers.
Un fichier appartient à 1 et 1 seul tablespace.
Par défaut un tablespace à la création est ON LINE et donc accessible, il peut être mis OFFLINE (et les fichiers qu’il contient par conséquent) pour en interdire l’accès ou pour certaines opérations de maintenance

Il existe toujours deux tablespace baptisés SYSTEM et SYSAUX .
- SYSTEM : contient le dictionnaire de données et segment d’annulation SYSTEM
- SYSAUX : contient les informations nécessaires aux composants et outils supplémentaires
et traditionnellement on créera également
- ‘TEMP’ : pour les données ’swappées’ sur disque lors d’opération de tri ou de fusion trop volumineuses en mémoire
- ‘UNDO’ : pour les segment d’annulation, qui stockent les images avant, lors des ROLLBACKS

Outre ces tablespaces ’système’ qui servent en quelque sorte à la cuisine interne d’Oracle, il faudra bien tout de même stocker quelques données (et indexs)
Ici plusieurs stratégies sont possibles :
- séparation des indexs et des datas,
- séparation des différents domaines fonctionnels

note : Il serait possible également de stocker les datas, les index dans ces SYSTEM ou SYSAUX.
Ceci est vivement déconseillé, car on aurait ainsi une base minimale peu structurée.

Les tablespaces sont donc utiles pour répartir les données, les index, mais aussi les segments d’annulations et les espaces temporaires sur plusieurs espaces logiques et disques.
Ils permettent :
- performance (répartitions des accès disques),
- souplesse (séparation fonctionnelle ou métier, meilleure granularité des sauvegardes),
- sécurité (séparation des infos systèmes des données utilisateurs)

Les tablespaces  peuvent être actif  ( ONLINE ) c’est bien sûr le cas par défaut, ou inactif ( OFFLINE).
Accessible en lecture /écriture (par défaut) ou en lecture seule (READ ONLY).
Journalisés ou pas (FORCE LOGGING / NO LOGGING)

SQL de base pour la  création  des TBS

SQL> CREATE TABLESPACE …
SQL> DROP TABLESPACE…

exemples

SQL> CREATE TABLESPACE compta
DATAFILE’/database/TEST/compta1TEST.ora’ SIZE 100M;
SQL> DROP TABLESPACE COMPTA
INCLUDING CONTENTS AND DATAFILE;

Description des tablespaces et fichiers de la base courante dans les vues
DBA_TABLESPACES , DBA_DATA_FILES, DBA_FREE_SPACE du dictionnaire.

SQL> SELECT TABLESPACE_NAME “Nom TBS”, CONTENTS “Type de contenu”, STATUS “EN ligne?”, LOGGING “Journalise?”, BIGFILE FROM DBA_TABLESPACES;

Nom TBS Type de contenu EN ligne? Journalise?
——— —————– ——— ———-
BIGFILE SYSTEM PERMANENT ONLINE LOGGING NO
UNDOTBS1 UNDO ONLINE LOGGING NO
SYSAUX PERMANENT ONLINE LOGGING NO
TEMP TEMPORARY ONLINE NOLOGGING NO
USERS PERMANENT ONLINE LOGGING NO
EXAMPLE PERMANENT ONLINE LOGGING NO
6 rows selected.

Tablespaces et fichiers

Un tablespace contient AU MOINS un fichier. Celui-ci est créé lors de la création du tablespace, de manière automatique par
Oracle, en fonction des paramètres donnés par la commande CREATE ou ALTER tablespace (emplacement du fichier, nom, taille, et mode d’extension).

note : Lors de la suppression du tablespace (DROP TABLESPACE…) les fichiers correspondant ne sont PAS SUPPRIMES par Oracle par défaut. Utilisez la clause ‘AND DATAFILE’…

exemples

SQL> select tablespace_name, file_name,
bytes/1024/1024 Taille_MO, status, autoextensible
from dba_data_files

TABLESPACE_NAME FILE_NAME TAILLE_MO STATUS AUT
SYSTEM /data/prdun/systPRDUN.dbf 1400 AVAILABLE YES
UNDO /data/prdun/undo.dbf 25000 AVAILABLE YES
SRS_DAT /data/prdun/srs_dat.dbf 6610 AVAILABLE YES
DRSYS /data/prdun/drsys01.dbf 5,625 AVAILABLE YES
USERS /data/prdun/users.dbf 150 AVAILABLE YES
XDB /data/prdun/xdb01.dbf 48,125 AVAILABLE YES

Extension des tablespaces et des fichiers


La taille d’un tablespace est la taille de son (ses) fichier(s) d’origine.
Pour augmenter la taille d’un tablespace, il y a 2 solutions :
* Ajouter un fichier au tablespace, qui sera chainé au premier (ALTER TABLESPACE toto ADD DATAFILE…)
* mettre le fichier du tablespace en AUTO extension (ALTER DATABASE DATAFILE toto.dbf AUTOEXTEND ON)
Une table (et tout segment en général) , peut “s’étaler” sur plusieurs fichiers. Ainsi le fait qu’une table sature un tablespace n’est pas bloquant il suffit d’augmenter la taille du tablespace.

Autoextension des fichiers

ATTENTION : la clause AUTOEXTEND spécifie la taille d’extension du fichier d’un tablespace. La clause STORAGE INITIAL, NEXT, MINEXTENTS … spécifie la taille d’extension d’UN SEGMENT du tablespace par exemple une table. Ces 2 paramètres sont totalement indépendants. La preuve en est qu’une table (un segment de données) est forcément en allocation dynamique alors qu’un fichier peut avoir une taille fixe (AUTOEXTEND OFF)

note : Le changement de mode AUTOEXTEND se fait avec la commande ‘ALTER DATABASE’ pour les ‘SMALLFILE’ et ‘ALTER TABLESPACE’ pour les ‘BIGFILE’

exemples

SQL> — passage en AUTO extension d’un fichier de tablespace existant
SQL> ALTER DATABASE DATAFILE ‘
/database/TEST/compta1TEST.ora‘ AUTOEXTEND ON;
SQL> ALTER DATABASE DATAFILE ‘
/database/TEST/compta1TEST.ora
AUTOEXTEND OFF
SQL> — ajout d’un ficheir auto extensible jusqu’a 100 MO
SQL> ALTER TABLESPACE toto
ADD DATAFILE ‘
/database/TEST/compta1TEST.ora
SIZE 10M AUTOEXTEND ON NEXT 5M MAXSIZE 100M;

Extension des segments

* clause LOCAL : Tablespaces gérés localement (Locally managed tablespaces)
Anciennement les tablespaces étaient gérés au niveau du dictionnaire de données, la gestion de l’espace physique (allocation / libération de blocs) se fait désormais dans l’entête du fichier(s) du tablespace. Une table binaire d’allocation (bitmap) y
est maintenue. C’est le fonctionnement par défaut (sauf pour le tablespace SYSTEM)
Avantages :
* pas de contention en mise à jour au niveau du dictionnaire
* et conséquemment pas d’utilisation de Rollback segment pour ces transactions
* pas de soucis de gestion de l’espace (calcul d’un storage adéquat)
* “coalesce” automatique (fusion des espaces libres contigus pour optimiser l’espace libre)
Evidemment la clause “DEFAULT STORAGE” est invalide pour les tablespaces gérés localement.

* Clause AUTOALLOCATE
C’est Oracle qui gère !

* Clause UNIFORM
Les extents ont tous la meme taille, par défaut 1MO, sinon elle est précisée par le paramètre ‘SIZE’

* clause STORAGE
Les règles et les statistiques d’allocations sont gérées au niveau du dictionnaire.
Pour plus d’informations voir le chapitre sur les ’segments et extents’
changement des paramètres d’un tablespace existant
ALTER TABLESPACE SYSTEM
DEFAULT STORAGE ( INITIAL 100K NEXT 100K MINEXTENTS 1 MAXEXTENTS 300 PCTINCREASE 1);

Quelques exemples de syntaxe d’allocation

SQL> CREATE TABLESPACE COMPTA DATAFILE
‘/database/TEST/compta1TEST.ora’ SIZE 100M
EXTENT MANAGEMENT LOCAL AUTOALLOCATE;
SQL> CREATE TABLESPACE COMPTA DATAFILE
‘/database/TEST/compta1TEST.ora’ SIZE 100M
EXTENT MANAGEMENT LOCAL UNIFORM SIZE 500K;
SQL> CREATE TABLESPACE COMPTA DATAFILE
‘/database/TEST/compta1TEST.ora’ SIZE 100M
EXTENT MANAGEMENT DICTIONARY;

Gestion des tablespaces

Voici quelques exemples de syntaxe utiles.
Rem les unités de taille (pour SIZE, NEXT, MAXSIZE, etc.) sont
M = MO , G =GO, T=Teraoctets , P=Petaoctets, E=Exaoctets

– rappel sur création / modifs basiques
– creation / suppression
SQL> CREATE TABLESPACE compta
DATAFILE’/database/TEST/compta1TEST.ora’ SIZE 100M;
SQL> DROP TABLESPACE COMPTA
INCLUDING CONTENTS AND DATAFILE;

– modification d’état du tablespace
SQL> ALTER TABLESPACE COMPTA OFFLINE;
SQL> ALTER TABLESPACE CHARGEMENT_BATCH NOLOGGING;
SQL> ALTER TABLESPACE INFOCENTRE READ ONLY;

– extension de la taille du tablespace
– à l’ancienne
SQL> ALTER TABLESPACE COMPTA
ADD DATAFILE ‘/database/TEST/compta2TEST.ora’ SIZE 100M;
– à la moderne
SQL> ALTER TABLESPACE COMPTA
RESIZE 100M;

– modification des paramètres d’extension du tablespace
SQL> ALTER TABLESPACE COMPTA
AUTOEXTEND ON NEXT 10M MAXSIZE 100G;

– extension dynamique de la taille du fichier
SQL> ALTER DATABASE DATAFILE ‘/data/dba_dat.dbf’ RESIZE 100M;
– modification des paramètres d’extension du fichier
SQL>   ALTER DATABASE DATAFILE ‘/data/dba_dat.dbf’
AUTOEXTEND ON NEXT 500K MAXSIZE 10M

– renommage des tablespaces
SQL> ALTER TABLESPACE COMPTA RENAME TO FINANCES;

Quelques Contraintes supplémentaires lors du renommage
on ne peut renommer SYSTEM ou SYSAUX
on ne peut renommer un TBS offline ou qui contient des fichiers OFFLINE
et bien sûr
renommer un TBS ne renomme pas les fichiers qu’il contient…

Dernier cas de renommage (le + lourd) : les fichiers

– renommage des fichiers d’un tablespace
– en 4 temps !
SQL> ALTER TABLESPACE users OFFLINE NORMAL;
– renommer les fichiers au niveau OS
SQL> HOST mv/oracle/user1.dbf /oracle/users2.dbf
SQL> ALTER TABLESPACE users  RENAME DATAFILE ‘/oracle/user1.dbf’
TO ‘/oracle/users2.dbf’;
– on remet ONLINE
SQL> ALTER TABLESPACE users ONLINE ;